Mentawaï
Les Hommes-Fleurs

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Ceux que l’on surnomme les « hommes-fleurs » s’appellent en réalité les Mentawaï, du même nom que les îles qu’ils habitent.
Dans l’océan Indien, à une centaine de kilomètres à l’ouest de la grande île de Sumatra, l’île de Siberut fait partie de l’Indonésie. Elle mesure 100 km de long sur 40 km de large, tandis que les autres îles de l’archipel des Mentawaï, Sipora, Pagai Nord et Pagai Sud sont plus petites.
Il y règne un climat équatorial chaud et très humide qui permet à la forêt d’être épaisse, toujours verte et riche de près de 900 espèces de plantes. C’est le paradis des singes, dont certaines espèces n’existent que là-bas.
Depuis 1981, Siberut est protégé par l’UNESCO et fait partie des 425 « réserves de l’homme et de la biosphère » qui sont chacune un modèle d’écosystème abritant une population qui y vit depuis des siècles. Les Mentawaï sont arrivés en pirogue dans l’archipel il y a plus de 3 000 ans. Leur nombre est estimé à 30 000, sur les 35 000 habitants de l’archipel.
La langue mentawaï appartient au groupe dit « sumatrien », une des langues austronésiennes (des îles d’Asie du sud-est). Les jeunes et quelques anciens parlent l’indonésien, la langue nationale, et à l’école on étudie dans les deux langues.
The Mentawai de Cale Glendening depuis Vimeo.
Les Mentawaï doivent leur surnom d’hommes-fleurs à leur façon de se parer des fleurs de leur forêt. Ils vivaient traditionnellement nus, et se confectionnaient des couronnes, bracelets et pagnes multicolores pour les fêtes. Pour la vie quotidienne, les fleurs d’hibiscus ornaient leurs cheveux noirs et lisses. Des colliers et bandeaux de perles de couleurs vives et des tatouages figurant des lianes et des feuilles complétaient leur parure.
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Dès les années 1950, le gouvernement indonésien les a forcés à devenir sédentaire, sous prétexte de les moderniser. Cette politique a bouleversé le mode de vie des Mentawai, les obligeant à quitter la forêt et leurs traditionnelles grandes maisons communautaires, les uma, pour s’installer dans des villages de maisons individuelles.
Ces longues maisons étaient, comme la place du village, le lieu social et religieux de toute la communauté : c’est là que les cérémonies d’initiation et les rituels magiques de chasse se déroulaient. Elles étaient couvertes d’une toiture de feuilles de palmier posée sur une armature en bambou montée sur pilotis.
L’uma était entourée des petites maisons de 5 à 10 familles environ qui constituaient un clan. Jardins et cultures entouraient cet ensemble et constituaient un village.
Les Mentawaï se parent de fleurs pour que leur corps plaise à leur âme. Chaque être vivant a une âme et doit donc être respecté pour que le fragile équilibre de la nature soit maintenu. L’homme n’est qu’un élément parmi tous ceux qui constituent cette nature.
Leurs chamanes appellent la bienveillance des ancêtres et connaissent les secrets des plantes : celles qui guérissent comme celles qui donnent des poisons pour enduire les pointes de flèche des chasseurs, ou celles qui assurent l’abondance, l’union du clan, la force et une longue vie à tous.
Aujourd’hui, la plupart des groupes déportés dans des villages de baraquements ont été priés de se convertir à l’une des 4 religions officielles de l’Indonésie et de se vêtir comme les Occidentaux. Beaucoup souffrent de maladies et de problèmes sanitaires dûs à ce nouveau mode de vie.

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Quand l’île a été classée « réserve de la biosphère » par l’UNESCO, quelques Mentawaï ont alors décidé de reprendre la vie traditionnelle en retournant dans la forêt et en reconstruisant des uma. Ils sont peut-être un millier à tenter de retrouver ce mode de vie ancestral, mais souvent ils ne savent plus comment se nourrir de la forêt comme autrefois.
De nos jours, les compagnies forestières lorgnent sur la forêt encore assez étendue de Siberut. Exploitation traditionnelle de la forêt par les Mentawaï contre exploitation industrielle du bois par les grandes entreprises : que réserve l’avenir pour ce jardin tropical unique au monde ?
sources: Clara au pays des Hommes-fleurs de Sophie Dressler aux éditions L’école des loisirs (2006), Wikipédia, et danslapeaudunpapou.survivalfrance.org


